Yémen : 3 ans de conflit, une population à bout de souffle

26/03/2018

La flambée des prix alimentaires, les difficultés d’accès à l’eau potable et le choléra s’ajoutent aux souffrances de la guerre. Oxfam vient en aide à ces familles jusque dans les endroits les plus reculés.

« La guerre a déjà duré trois longues années. C’est assez, » explique Bahia Zrikem, spécialiste du Moyen-Orient pour Oxfam. « Trop de bombes ont été larguées et d’obus tirés. Trop de vies ont été perdues. Trop d’enfants, de femmes et d’hommes souffrent de la faim. Avec la nomination d’un nouvel envoyé de l’ONU au Yémen, le moment est opportun de faire pression pour obtenir un cessez-le-feu et mettre le pays sur la voie d’une paix durable. »

Une crise humanitaire aux proportions gigantesques

Trois ans après que la coalition dirigée par l’Arabie saoudite a mené sa première frappe aérienne contre les Houthis, plus de 3 millions de personnes ont été contraintes de fuir leurs maisons, plus de 5.500 civils ont été tués et 2.000 autres ont succombé au choléra, dans un pays où la moitié des établissements de santé ne fonctionnent plus en raison du conflit.

En parallèle, le prix des denrées alimentaires a explosé : le riz a augmenté de 131 %, les haricots de 92 %, et la farine, pour faire le pain, de 54 %. Le nombre de personnes souffrant de la faim atteint maintenant près de 18 millions. Au total ce sont 22 millions de personnes qui y ont besoin d’aide humanitaire.

L’eau, une ressource précieuse pour les villages isolés

Les familles de régions isolées du gouvernorat d’Amran, dans le nord-ouest du Yémen, ont raconté à Oxfam ne pouvoir acheter qu’un demi-sac de blé par mois et devoir marcher 3 km deux à trois fois par jour pour aller tirer de l’eau à un puits, une eau qui n'est même pas potable. Plusieurs femmes, qui ont perdu leur mari dans le conflit, ont confié à Oxfam qu’elles peinaient à joindre les deux bouts et n’avaient pas les moyens de se procurer des vêtements ni aucun autre bien.

Des femmes comme Jameela Ahmed Hadi Al-Lawtha'i (photo ci-dessus), mère de sept enfants, qui n’a aucune source de revenu depuis la mort de son mari il y a 7 ans et tente de se débrouiller en empruntant à ses voisins. Ils souffrent de la flambée des prix des produits alimentaires qui les force à se coucher parfois le ventre vide.

« Nous n’avons pas d’eau de qualité ici. Quand il fait sec comme en ce moment, nous avons des puits ouverts que nous creusons nous-mêmes pour nous abreuver et donner à boire à notre bétail. On ne peut creuser des puits que dans la vallée et c’est ensuite un long chemin pour rentrer chez soi dans les montagnes » raconte un jeune homme à John Migele, qui travaille pour Oxfam dans ce gouvernorat reculé du Yémen, à la sensibilisation et la prévention de maladies comme le choléra.

De l’aide pour 2,8 millions de personnes

Oxfam est active dans l’Amran et huit autres gouvernorats du Yémen, acheminant de l’eau potable et distribuant de l’argent pour permettre aux plus vulnérables d’acheter de la nourriture. Nous avons a ainsi pu venir en aide à plus de 2,8 millions de personnes depuis le mois de juillet 2015. Mais la fermeture des aéroports et des ports maritimes a entravé les efforts déployés pour apporter des produits alimentaires, de l’eau, du carburant et des médicaments à toutes celles et ceux qui en ont besoin.

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© Photos : Ameen Al-Ghaberi / Gabreez