Yémen : trois ans après les premières frappes aériennes saoudiennes, la population peine à se procurer le minimum vital

23/03/2018

Trois ans après que la coalition dirigée par l’Arabie saoudite a mené sa première frappe aérienne contre les Houthis au Yémen, des familles de régions isolées du gouvernorat d’Amran, dans le nord-ouest du pays, ont raconté à Oxfam ne pouvoir acheter qu’un demi-sac de blé par mois et devoir marcher 3 km deux à trois fois par jour pour aller tirer de l’eau non traitée à un puits. Plusieurs femmes, qui ont perdu leur mari dans le conflit, ont confié à Oxfam qu’elles peinaient à joindre les deux bouts et n’avaient pas les moyens de se procurer des vêtements ni aucun autre bien.

18 millions de personnes souffrant de la faim

Depuis que la guerre a éclaté, le prix des denrées alimentaires a explosé : le riz a augmenté de 131 %, les haricots de 92 %, l’huile végétale de 86 % et la farine, pour faire le pain, de 54 %. Dans le même temps, le nombre de personnes souffrant de la faim a augmenté de 68 % pour atteindre près de 18 millions.

La plus grave crise humanitaire au monde

Plus de 3 millions de personnes ont été contraintes de fuir de chez elles, plus de 5.500 civil-e-s ont été tué-e-s et 2.000 autres ont succombé au choléra (plus d’un million de cas présumés au total), dans un pays où la moitié des établissements de santé ne fonctionnent plus en raison du conflit. Le Yémen connaît la plus grave crise humanitaire au monde : 22 millions de personnes y ont besoin d’aide humanitaire.

« Le pays est au bord de la famine »

Pour Bahia Zrikem, responsable régionale Moyen-Orient d’Oxfam : « Trois ans après l’éclatement de ce conflit, le pays est au bord de la famine. Les familles peinent chaque jour à se procurer le strict nécessaire comme de la nourriture et de l’eau. La guerre a déjà duré trois longues années. C’est assez. Trop de bombes ont été larguées et d’obus tirés. Trop de vies ont été perdues. Trop d’enfants, de femmes et d’hommes souffrent de la faim. Toutes les parties doivent mettre un terme à cette guerre. Avec la nomination d’un nouvel envoyé de l’ONU au Yémen, le moment est opportun de faire pression pour obtenir un cessez-le-feu et mettre le pays sur la voie d’une paix durable. »

Malgré les négociations de paix de 2016, les parties au conflit semblent encore poursuivre une stratégie militaire. La nomination de Martin Griffiths aux fonctions d’envoyé spécial de l’ONU au Yémen, le mois dernier, et les récents appels du Conseil de sécurité de l’ONU à conclure un cessez-le-feu et à garantir l’entrée des biens de première nécessité offrent à la communauté internationale l’occasion de redoubler d’efforts pour parvenir à la paix.

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