Yémen : un an après l’accord de Stockholm, Hodeïda reste l’endroit le plus dangereux du pays pour les civils

12/12/2019

En 2019, un quart des pertes civiles au Yémen ont été recensées dans le gouvernorat d’Hodeïda. Malgré un cessez-le-feu dans la ville portuaire se trouvant au cœur de l'Accord de Stockholm signé en décembre 2018, Hodeïda est l’endroit ayant connu le plus de victimes civiles depuis un an avec 799 morts. Un grand nombre de déplacés sont également issus de cette région. Oxfam et 14 autres organisations humanitaires opérant sur le terrain appellent à la cessation immédiate des hostilités au Yémen.

En 2019, près de 390 000 Yéménites ont été déracinés de leurs foyers. La moitié des personnes déplacées provenaient de trois gouvernorats : Hajjah, Al Dhale’e et Hodeïda. Malgré des violences moindres par rapport à 2018, Sa’ada, Taizz, Al Dhale, Hajjah et surtout Hodeïda demeurent les gouvernorats les plus dangereux pour les civils en 2019.

Avec environ 80% de la population ayant besoin d'aide humanitaire, le Yémen fait face à la plus grave crise humanitaire au monde. Le port maritime d'Hodeïda est le principal point d'entrée du pays pour la nourriture, le carburant, les médicaments et l’aide humanitaire. Une opération difficile, car malgré le cessez-le-feu, les combats continuent.

Oxfam et 14 autres organisations humanitaires travaillant au Yémen condamnent le fait qu'après plus de cinq années de guerre, les civils continuent de faire les frais de la violence. Des maisons, des fermes, des marchés et des centres médicaux continuent d’être détruits ou endommagés, aggravant une situation humanitaire déjà désastreuse.

La pire crise humanitaire au monde

« Dix millions de personnes risquent de mourir de faim et 7 millions souffrent de malnutrition. Les combats et les restrictions mises en place par les autorités empêchent nos organisations d'atteindre les communautés les plus démunies », prévient Catherine De Bock, chargée de plaidoyer humanitaire chez Oxfam-Solidarité. Le conflit continue également de bloquer l’accès des populations aux marchés et aux services et inflige des dommages aux infrastructures essentielles telles que les hôpitaux, les écoles et les réseaux de distribution en eau.

La signature, le mois dernier, de l'accord de Riyad ainsi que la désescalade générale des hostilités représentent une réelle fenêtre d'opportunité pour mettre fin à la guerre, selon les organisations humanitaires. Si aucune action urgente n'est prise, la situation risque de s’aggraver pour les civils.

C’est pourquoi 15 ONG humanitaires appellent aujourd’hui toutes les parties au conflit, le Conseil de sécurité des Nations Unies et les pays influents, à travailler ensemble et à accélérer la mise en œuvre de l'Accord de Stockholm. Elles considèrent l’annonce récente de l’ouverture de l’aéroport de Sanaa aux vols médicaux comme un signal positif. Si elle est mise en œuvre, elle aidera des milliers de Yéménites malades à accéder à des soins médicaux vitaux.

« Bien que nous demandions la pleine mise en œuvre de l'Accord de Stockholm, cela ne devrait pas être une condition préalable à la paix au Yémen », ajoute Catherine De Bock. « Un cessez-le-feu national doit être immédiatement mis en place pour garantir des pourparlers de paix attendus depuis longtemps. Ce dont le Yémen a le plus besoin, c'est de mettre fin à la violence, par une solution politique au conflit qui tienne compte des besoins des femmes, des jeunes et de l'ensemble de la société civile ».

Signé par : Action contre la Faim, Agence Adventiste d’Aide et de Développement, CARE International, le Conseil danois pour les réfugiés, Handicap International - Humanité et Inclusion, Islamic Relief, International Rescue Committee, Intersos, Médecins du Monde, le Conseil norvégien pour les réfugiés, Oxfam, Première Urgence Internationale, Saferworld, Vision Hope International et ZOA.

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