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VOIX DU DESERT
les camps de réfugiés sahraouis Décembre 2015

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Inondations dans les camps sahraouis

Chronologie et conséquences

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Impact sur les enfants 

Les écoles sous le feu des projecteurs

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Après les inondations, la santé au premier plan

Tous les dispensaires ont été affectés

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17.841

Nombre de maisons de familles sahraouies détruites par les inondations.

100%

Pourcentage de familles affectées dans le seul camp de Dakhla.

17.000

Nombre de familles ayant vu leur stock alimentaire détruit.

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Salma, 12 ans, Bujdur


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Bulahi, 30 ans, Bujdur / Dakhla


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Galuha, 66 ans, Laâyoune


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CONTEXTE

Des réfugiés oubliés au cœur du désert du Sahara.

La situation des réfugiés sahraouis est considérée comme une crise oubliée, selon la définition de la direction de l’aide humanitaire et de la protection civile de la Commission européenne (ECHO) : une crise humanitaire grave et de longue durée où les populations concernées ne reçoivent pas ou trop peu d’aide internationale et où il n’y a pas de volonté politique de résoudre la crise, notamment à cause d’un faible intérêt médiatique.

Lorsque l'Espagne s'est retirée de sa colonie du Sahara occidental en 1975, elle en a cédé le contrôle au Maroc et à la Mauritanie. La division du territoire et le contrôle de plus en plus fort du Maroc et de la Mauritanie ont déclenché un conflit armé avec le Front POLISARIO, qui représente les intérêts des populations autochtones du Sahara occidental. Le Front Polisario a proclamé la République arabe sahraouie démocratique (RASD) en 1976 et s’est retrouvée face à face avec le Maroc lorsque la Mauritanie s'est retirée du Territoire. Bien que les deux parties aient accepté la médiation de l'Organisation des Nations Unies en 1991, le conflit demeure encore dans l’impasse aujourd’hui.

Pris entre deux feux, les réfugiés sahraouis se sont installés en 1975 dans la région de Tindouf, au sud de l’Algérie, dans l'espoir de rentrer un jour chez eux. Le climat dans cette région est extrêmement rude. L'accès aux ressources de base comme la nourriture, l'eau, la santé, le logement et l'éducation est très limité. Très isolés, les camps n’offrent presque pas de possibilités d'emploi, ce qui rend les réfugiés complètement dépendants de l'aide internationale.

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Oxfam

Une combinaison d’aide humanitaire et de renforcement de capacités de partenaires

Oxfam lutte pour un monde juste sans pauvreté dans plus de 90 pays. Le programme humanitaire dans les camps de réfugiés Sahraoui, où Oxfam est active depuis 1975, met l’accent sur la sécurité alimentaire. Il est mis en œuvre en collaboration avec des partenaires locaux et financé par l’Union européenne.

Mais l’assistance humanitaire ne suffit pas : il est impératif que le processus de décolonisation du territoire non-autonome du Sahara occidental soit mené à terme afin d’arriver à une solution juste et durable, sur base du droit international. Cet objectif restera à la base de toute réflexion et initiative d’Oxfam concernant le Sahara occidental.

Dans la région du Maghreb, le travail d’Oxfam couvre le Maroc, la Lybie, l’Algérie, la Tunisie et le territoire du Sahara occidental et se concentre sur 4 axes : promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes, soutenir la capacité des citoyens à faire entendre leurs revendications, s’assurer qu’ils aient un accès équitable aux opportunités et ressources économiques et apporter une assistance humanitaire aux populations touchées par le conflit du Sahara occidental.

Plus d’info sur le travail d’Oxfam concernant le Sahara occidental

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Inondations dans les camps sahraouis

Chronologie et conséquences

Du 16 au 24 octobre dernier, des pluies d’une exceptionnelle intensité ont entrainé des destructions inédites dans les camps de réfugiés sahraouis. Si les fortes pluies sont un phénomène courant dans les camps à cette période de l’année, l’ampleur de ces inondations est sans précédent.

Dès le 20 octobre, alors que le Premier ministre de l’autorité sahraouie annonçait officiellement l’état de catastrophe naturelle, les estimations de personnes affectées variaient entre 11.440 familles selon le Croissant Rouge Sahraoui, et 25.000 personnes selon le Haut-Commissariat aux Réfugiés. Les évaluations finales des dégâts matériels menées par le HCR avec l’appui des ONG ont donné un bilan beaucoup plus grave. Si aucun décès ne fut répertorié suite à cette catastrophe naturelle, ce sont exactement 17.841 habitations – maisons en adobe ou tentes traditionnelles – de familles de réfugiés sahraouies qui ont été détruites, dont près de 50% l’ont été totalement.

Selon le Programme Alimentaire Mondial, 17.000 familles, soit près de 85.000 personnes, ont vu leur stock alimentaire complètement détruit. Le camp de Dakhla a été ravagé, avec 100% des familles affectées par les destructions. Les institutions publiques ont également été touchées : 118 classes ont été détruites dans 62 écoles, et les hôpitaux et dispensaires ont été également durement affectés.

La gravité du contexte imposa une réponse d’ampleur de la part de tous les acteurs de l’aide humanitaire. D’un point de vue opérationnel, des groupes sectoriels se sont créés – logement, aide alimentaire, santé, eau et assainissement, éducation, protection – entre agences des Nations unies, ONG pour faciliter la coordination centrale avec les autorités sahraouies jour après jour et acheminer les premiers vivres en urgence. Un grand mouvement de solidarité s’est également constitué de façon spontanée parmi les sahraouis, notamment envers le camp de Dakhla. L’ensemble des acteurs humanitaire a également lancé un appel urgent aux dons, l’ONU demandant près de 20 millions de dollars. A ce jour, la réponse d’urgence atteint environ 7 millions d’euros, sans compter l’importante aide en nature apportée par le Croissant Rouge Algérien et des association algériennes sensibilisées par cette catastrophe.

Deux mois après les inondations, la priorité absolue reste la reconstruction et réhabilitation des habitations et institutions. L’heure est toujours à l’urgence : un grand nombre de familles commence à reconstruire avec les mêmes matériaux si fragiles : « Les familles n’ont pas le temps d’attendre, il leur faut un toit. L’immense majorité d’entre elles n’a pas les moyens d’acheter du ciment » confirme Fadel Mohamed, chef de projet construction pour Oxfam.

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Impact sur les enfants 

Les écoles sous le feu des projecteurs

Dans les camps de réfugiés, les personnes vulnérables font partie des premières victimes en cas de catastrophe naturelle. Parmi elles, les enfants sont parmi les premiers exposés, et le secteur de l’éducation devient directement concerné par l’urgence.

Du 16 au 24 octobre, la quasi-totalité des écoles – maternelles, primaires et secondaires – ont dû suspendre leurs cours. Le bilan matériel de la catastrophe dans le secteur de l’éducation révéla l’intensité inédite du phénomène. En effet, contrairement aux maisons individuelles, les infrastructures publiques sont construites avec des matériaux solides – tels que le ciment – conçus pour résister à ce type de catastrophe. « Malgré cela, des infrastructures qui existaient depuis 40 ans, et notamment des écoles, ont été littéralement ravagées » avance Fadel Mohammed, vivant dans le camp de Dakhla.

Au total, ce sont 62 écoles qui ont été détruites ou endommagées, soit l’équivalent de 118 classes. Parmi ces écoles, 3 ont été complètement rasées, 26 ont besoin d’une réhabilitation majeure et par conséquent urgente, 18 requièrent une réhabilitation mineure, et 15 ont été légèrement endommagées et nécessitent des travaux mineurs. Sur ce dernier exemple, les fissures menacent l’édifice et représentent un risque sur le long-terme pour la sécurité des enfants.

Concernant les cas les plus urgents, les pluies ont endommagé la structure même des écoles. Les toits en zinc menacent de s’effondrer. Le mauvais état du bois des poutres, pour la plupart très anciennes, s’est considérablement aggravé. Les murs, pourtant en ciment, s’effritent sous les effets de la pluie, du poids de la toiture et des poutres dégradées.

Selon Lyes Kesri, chef de mission de l’ONG CISP, « 20% des écoles ont été détruites ou durement endommagées, dont près de 90% pour le seul camp de Dakhla. Le programme de cantine scolaire a dû être suspendu à Dakhla pendant 15 jours, ce qui représentait un coût supplémentaire sur les familles dont le stock alimentaire avait déjà été détruit. »

« Selon nos estimations », poursuit-il « il faudra environ 1,5 millions de $ pour reconstruire et réhabiliter les écoles maternelles ou crèches, et les écoles primaires et secondaires ». Face à l’urgence, l’UNICEF a acheminé 58 tentes de 72m carrés, permettant d’assurer chacune deux classes en même temps.
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Après les inondations, la santé au premier plan

Tous les dispensaires ont été affectés

Au-delà des besoins immédiats, tels que le logement ou l’alimentaire, le secteur de la santé a été également durement impacté par les récentes inondations.

Les camps de réfugiés sahraouis comptent 7 hôpitaux, parmi lesquels un hôpital national, un mixte et 5 régionaux, ainsi que 26 dispensaires et plusieurs centres additionnels (pharmacie centrale, centre de tuberculose, etc.). Selon Bruno Abarca, chef de mission pour Médecins du Monde Espagne dans les camps de réfugiés sahraouis : « Tous les dispensaires ont été affectés. De nombreux documents de suivi de femmes enceintes et de programmes de santé infantile ont été perdus ».

Les infrastructures de santé ont été lourdement impactées par l’eau et la dégradation des bâtiments et du matériel de santé, mais également par les coupures d’électricité pendant et après les inondations, perturbant notamment les activités du bloc opératoire : « Il a fallu environ 2 à 3 semaines après les inondations pour revenir à la normale dans le fonctionnement des centres. Deux semaines ont été nécessaires pour rétablir un niveau d’électricité correct à l’hôpital national » poursuit Bruno Abarca.

Dès le début des pluies, le 16 octobre, une coordination s’est mise en place entre le « Ministère » de la Santé des autorités sahraouies, les ONG et agences des Nations unies travaillant dans le secteur de la santé. Les nombreuses zones d’eau stagnante représentaient un risque de contamination permanent, notamment pour les enfants.

Allant de pair avec une action de la protection civile algérienne pour le pompage des nombreux points d’eau, l’une des priorités des acteurs a été de renforcer la coordination avec le « Ministère » de l’eau et de l’environnement des autorités sahraouies, afin notamment de contrôler l’eau et les zones d’infections. Un contrôle strict quotidien du nombre de maladies diarrhéiques et respiratoires pour les enfants de moins de 5 ans a été mis en place, afin de prévenir tout risque d’épidémie. C’est notamment grâce à cette coordination que ce risque a été minimisé au sein des camps.

L’accélération de la mise en place du programme national de promotion de santé a également permis, au plus fort de la catastrophe, de faciliter l’identification des familles vulnérables. La pharmacie centrale ayant été touchée, 500 kilos de médicaments supplémentaires ont été acheminés par Médecins du Monde Espagne.

L’estimation initiale des coûts de réhabilitation des centres et de remplacement des toits en tôle était supérieure, selon les acteurs en santé, à 250.000€.
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Salma, 12 ans

Sur le chemin qui la ramène de l’école avec sa soeur, Salma étrenne sur ses cheveux ses deux nouveaux rubans rouges, qu’elle porte au bout de ses deux nattes. Le 27 octobre, soit 3 jours après la fin des inondations, elle fêtait ses 12 ans, dans une atmosphère forcément particulière pour elle et sa famille, dont la moitié de la maison s’est effondrée le 22 octobre.

« Les pires inondations de l’histoire des camps, certainement » raconte son père, la pelle à la main devant les dégâts. Alors que sa famille s’affaire à la réhabilitation de la maison, dont les murs restants sont lézardés par les fissures, Salma raconte « ses » inondations : « A Bujdur, mon école de Lal Andala a été peu endommagée par la pluie. Mais pendant les pluies les plus fortes, nous n’avons pas eu classe pendant une semaine ». L’école a constitué pour elle une échappatoire pendant ces événements.

« Du 20 au 23, les enfants n’ont pu que très peu dormir » raconte sa mère. « La nuit, le bruit assourdissant de la pluie terrifiait Salma ». Alors que les familles se réfugient dans les tentes traditionnelles, la famille de Salma place la sienne sur une colline environnante afin d’éviter le torrent qui s’était dessiné le long de leur quartier. Ils y sont restés deux semaines, avec une autre famille, 8 personnes en tout. « L’intervention humanitaire est arrivée assez vite à Bujdur. Les premiers repas partagés avec les familles ont été de vrais moments de solidarité » souligne le père de Salma.

« Pour les enfants comme Salma, la journée, c’était la fête. Chacun voulait jouer dehors sous la pluie » explique sa mère. « Mais avec l’eau stagnante, nous avions peur des contaminations, sans parler des murs qui continuaient partout de s’écrouler ». Contrainte de jouer au milieu de la tente (les abords étant inondés) comme de nombreux enfants, Salma retrouve un peu de normalité dans son quotidien. Salma sourit : « Je suis juste contente d’avoir repris l’école », non sans souligner, un peu inquiète, les nombreuses fissures qui sont apparues sur les murs de sa classe.
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Bulahi Brahim Esmlali, 30 ans

« Quand mon père m’a appelé du camp de Dakhla, c’est là où j’ai compris que nous étions en train de vivre quelque chose de grave ». C’est par ce premier souvenir que Bulahi se rappelle des inondations qui ont frappé les habitations de sa famille et ses proches.

« Le 19 octobre, » raconte-t-il, « les pluies ont commencé à ravager Dakhla et le quartier de mon père ». Construite en plusieurs petits blocs, la maison du père de Bulahi s’est progressivement effondrée : « D’abord la cuisine, puis les toilettes. Le lendemain, les murs et le toit de toute la maison sont tombés. En 24h, la maison était détruite ». Son père s’était alors installé dans sa tente traditionnelle, valeur refuge pour de nombreux sahraouis, particulièrement les personnes les plus âgées.

« A peine revenu de Dakhla où j’ai apporté du pain et de l’eau à mon père vivant seul, les pluies ont alors frappé Bujdur et ma maison, où je vis avec ma femme ». Par réflexe, sa belle-mère envoie Bulahi trouver de grandes bâches plastiques, qu’ils installent sur leur tente traditionnelle le 20 octobre au matin : « C’est ce qui a sauvé notre tente » poursuit Bulahi. La nuit même, une partie de la maison de Bulahi s’effondre : « Dans notre tente, nous accueillions une famille voisine. Nous étions 8 personnes, avec les vêtements et ressources alimentaires que nous avions pu emporter. »

Pendant 3 jours et 2 nuits, Bulahi ne dort pas. « La nuit, nous avions peur que le poids de l’eau fasse écrouler notre tente. La journée, comme tout le monde, nous allions travailler ». Durant les inondations, Bulahi, chauffeur pour une ONG travaillant dans le secteur alimentaire, a participé à des distributions de vivres d’urgence dans les camps d’Aousserd, de Laâyoune et de Dakhla. Bulahi relativise ; « C’est la mentalité ici. Tout le monde a continué à travailler. Toutes les familles étaient affectées, la seule chose à faire était d’aider la communauté ».

« Ma femme aurait quand même aimé que je reste un peu plus à la maison » sourit-il. Un mois après, Bulahi vit toujours dans sa tente. Il s’apprête à reconstruire sa maison, avec les mêmes matériaux si fragiles qu’utilisent les sahraouis : « Une maison avec du ciment coûte 3 fois plus cher. Que pouvons-nous faire ? Nous n’avons pas le temps d’attendre ».
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Galuha Bahia, 66 ans

Ces derniers jours, Galuha a eu 66 ans. Un mois après les plus graves inondations ayant frappé les camps de réfugiés sahraouis, Galuha est catégorique : « C’est la première fois que je vois autant de maisons détruites en 40 ans. Pratiquement toutes les familles ont été affectées ».

Elle et sa famille n’ont pas été épargnées. A l’intérieur de sa maison, les fissures sont nombreuses et l’habitation menace encore de s’effondrer à tout moment. Alors, comme depuis le début des inondations, Galuha et sa famille vivent dans la tente traditionnelle familiale, la jaima : « Nous étions dans une situation de panique généralisée. Mes enfants, petits-enfants et voisins sont venus dans notre tente. Nous étions une quinzaine à y vivre, avec ce qu’on a pu sauver de nourriture. Nos effets personnels, nos vêtements ont soit été détruits, soit endommagés ».

« Il a plu pendant plusieurs jours, mais il a suffit de 20 minutes intenses pour qu’un véritable fleuve se constitue entre notre quartier et le voisin ». A ce moment-là, raconte-t-elle, la tente familiale menaçait de s’effondrer sous le poids de la pluie. En catastrophe, ils ont monté une autre petite tente de fortune pour y placer les enfants : « Il s’agissait de sauver des vies ». Elle raconte ainsi comment, avant même l’arrivée de l’aide humanitaire, la solidarité entre familles s’était constituée pour organiser des repas communs dès les premières heures.

Galuha se souvient de toutes les catastrophe auxquelles ont fait face les réfugiés sahraouis. Les inondations de 1994, se rappelle-t-elle, avaient ravagé son quartier, faisant 7 morts au sein des camps. Aujourd’hui, elle déplore de voir sa famille et ses amis reconstruire avec les mêmes matériaux si fragiles. Avec calme, Galuha s’indigne : « Mais quel autre choix avons-nous ? Où pouvons-nous aller? Avec quel argent pouvons-nous reconstruire ? Tant que ce conflit existera et que nous ne pourrons pas voter pour l’autodétermination, nous continuerons de subir ces mêmes catastrophes, années après années ».

Pour Galuha, la « priorité des priorités » dans la réponse humanitaire reste la reconstruction. L’ampleur des destructions a fait évoluer les mentalités, affirme-t-elle. Elle conclue en riant : « Beaucoup sont même prêts à habiter dans des containers! »
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This newsletter is compiled by Oxfam from the best available information and drawn from reliable international sources as well as our experience in the refugee camps. This newsletter intends to give factual information and share impressions from the men and women who are themselves affected by the prolonged refugee crisis. Opinions expressed in this newsletter are from the persons interviewed alone, and do not necessarily represent Oxfam's position.

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