Au Yémen, les pénuries de carburant privent 15 millions de personnes d’eau

22/10/2019

La hausse brutale du prix du carburant prive 15 millions de yéménites d’un accès à l’eau. Plus de la moitié de la population du pays s’expose ainsi à une nouvelle propagation de choléra, prévient Oxfam.

15 millions de yéménites dont la survie dépend de l’eau acheminée par camion-citerne ou via les réseaux de canalisation du pays ont un accès considérablement réduit à l’eau depuis que le prix des carburants est monté en flèche au Yémen en septembre dernier. Les systèmes de distribution d’eau de trois grandes villes du pays - Ibb, Dhamar et Al Mahwit, peuplées par 400.000 personnes – sont à l’arrêt.

En raison de cette flambée des prix, Oxfam a été contrainte de réduire l’acheminement d’eau qu’elle assure par camion-citerne à des milliers de personnes. D’autre part, les systèmes de distribution par canalisation conçus par Oxfam pour approvisionner 250.000 personnes ne fonctionnent plus qu’à 50% de leur capacité.

Le Yémen face à une résurgence des épidémies

L’accès à l’eau potable au Yémen est une question de vie ou de mort, surtout pour les 7 millions de personnes affaiblies par la malnutrition, et dans un contexte humanitaire ou les maladies hydriques sévissent. Le pays fait face à la pire épidémie de choléra jamais enregistrée. Depuis 2017, on dénombre plus de 2 millions de cas présumés et 3.700 morts.

L’économie, nouvelle arme de guerre

La hausse du prix des carburants s’est amplifiée le mois dernier lorsque le gouvernement reconnu par la communauté internationale a annoncé de nouvelles restrictions aux importations, des restrictions également imposées par les Houthis dans les territoires qu’ils contrôlent. Cela démontre que les parties prenantes au conflit utilisent l’économie comme arme de guerre, dénonce Oxfam.

Les tankers ont par conséquent cessé d’accoster dans les ports yéménites, entrainant ainsi une hausse des prix, faute d’approvisionnement. À Sanaa, le prix d’un litre de pétrole a triplé depuis le mois d’août.

« La crise des carburants affecte chaque famille à de nombreux niveaux mais l’accès à l’eau potable est de loin le plus crucial. Pour des millions de yéménites qui luttent pour rester en vie, c’est une ultime bouée de sauvetage qu’on leur retire. », déplore Muhsin Sadiqquey directeur d’Oxfam au Yémen. « La militarisation de l’économie yéménite est un nouveau coup dur infligé aux civils qui subissent la guerre depuis 4 ans déjà », complète Sadiqquey.

Le Yémen comptait parmi les pays du monde avec le plus faible accès à l’eau potable bien avant l’escalade des combats en 2015. En quatre ans, huit systèmes d’approvisionnement en eau installés par Oxfam ont été détruits ou endommagés.

« Il est urgent de mettre fin à cette guerre », avertit à nouveau Catherine De Bock, responsable de plaidoyer humanitaire chez Oxfam-Solidarité. Suite à la publication d’un rapport par l’ONG belge Vredesactie qui démontre comment l'industrie européenne de l'armement tire profit de la guerre au Yémen, Oxfam-Solidarité avait renouvelé son appel mercredi à stopper les livraisons d’armes vers l’Arabie Saoudite. « La Belgique doit poursuivre ses efforts au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies pour faire en sorte que l’aide humanitaire parvienne aux yéménites », conclut Catherine De Bock qui rencontre à l’heure actuelle ses homologues yéménites à Amman pour faire un point sur la situation humanitaire.

 

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