52 millions d’africains souffrent de la faim à cause des conditions climatiques extrêmes

07/11/2019

À quelques jours de l’ouverture de la Conférence ministérielle africaine sur l'environnement qui s’ouvrira lundi à Durban, Oxfam alerte sur le fait que des millions de personnes dans 18 pays d'Afrique australe, orientale et centrale souffrent de la faim. En cause, le dérèglement climatique, aggravé par la pauvreté, les conflits et les inégalités. Les femmes et les filles sont le plus gravement touchées.

De nombreux pays africains déjà affaiblis par des conflits persistants ont été frappé par des phénomènes météorologiques extrêmes. Sur l’ensemble du continent, les conflits ont provoqué le déplacement de 7,6 millions de personnes au cours du premier semestre de 2019, tandis que les phénomènes climatiques extrêmes en ont contraint 2,6 millions de plus à quitter leur foyer. Certaines régions vivent leur deuxième sécheresse extrême en quatre ans.

En Afrique australe, dans certaines régions du Zimbabwe, le niveau de précipitations est au plus bas depuis 1981, ce qui contribue à la forte insécurité alimentaire que subissent plus de 5,5 millions de personnes. Dans la région productrice de maïs en Zambie, les récoltes habituellement importantes ont été décimées et les exportations sont dorénavant interdites : 2,3 millions de personnes y vivent dans l’insécurité alimentaire. La situation s’aggrave aussi en Angola, au Malawi, au Mozambique, à Madagascar, en Namibie et au Zimbabwe. Le désespoir a poussé plusieurs exploitants agricoles d’Afrique du Sud au suicide.

La sécheresse a également frappé l’Est et la Corne de l’Afrique, en particulier l’Éthiopie, le Kenya et la Somalie. Dans le même temps, les températures record enregistrées dans l’océan Indien ont été à l’origine de pluies diluviennes au Kenya et au Soudan du Sud, provoquant des crues soudaines. Au Soudan du Sud, où plus de 900 000 personnes ont été touchées par les inondations, l’état d’urgence a été décrété.

700 millions de dollars par an imputables au changement climatique

Des études scientifiques ont démontré que les changements climatiques augmentent la fréquence et l’intensité de nombreux phénomènes météorologiques extrêmes. Ces dix dernières années, les catastrophes climatiques ont coûté en moyenne à l’ensemble de ces 18 pays africains 700 millions de dollars par an (soit 632 millions d’euros), sans compter les pertes causées par les crises les plus récentes, selon Oxfam. Alors que le financement de la lutte contre le changement climatique reste timide à l’échelle mondiale, l’Afrique, qui est responsable de moins de 5 % des émissions mondiales, subit les répercussions les plus fortes de la crise climatique.

« Dans l’ouest du Kenya, les récoltes ont diminué de 25 % et cette baisse atteint 60 % dans certaines parties de la Somalie. En milieu rural, le bétail est souvent famélique et la production laitière, de plus en plus maigre. Certaines zones ont vu les prix des céréales grimper en flèche. Ils ont atteint des niveaux sans précédent depuis cinq ans, ce qui les rend inabordables pour les personnes les plus pauvres. La famine guette près de 7 millions de personnes dans la région, surtout les femmes et les filles », affirme Lydia Zigomo, directrice régionale d'Oxfam Corne de l’Afrique et Afrique centrale et de l’Est.

L'effort financier des pays développés n'augmente pas assez vite

À l’occasion de la Conférence ministérielle africaine sur l’environnement (CMAE), qui se tiendra à Durban du 11 au 15 novembre, les responsables gouvernementaux africains discuteront de la « viabilité environnementale et de la prospérité » de l’Afrique. Oxfam appelle les ministres à exiger que les pays industrialisés honorent leurs promesses : éviter l’escalade des coûts sur le plan humain et financier, et payer pour les dommages causés par un dérèglement climatique auquel ils ont largement contribué.

« Nos dirigeants devraient chercher à renforcer la résilience de la population aux changements climatiques. Depuis 35 ans, la CMAE élabore des politiques efficaces, contribuant à sensibiliser l’opinion à la viabilité environnementale. Elle doit désormais passer de l’élaboration des politiques à leur mise en œuvre. »

Oxfam aide actuellement plus de 7 millions de personnes dans dix des pays les plus durement touchés en leur apportant une aide alimentaire et en leur fournissant de l’eau, tout en menant des projets de développement à long terme pour les aider à mieux faire face aux chocs liés au climat. Oxfam prévoit d’aider 10 % de la population qui en a le plus besoin dans ces dix pays et entreprend de réunir 65 millions de dollars à cette fin.

 

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